Quand le silence blesse : un témoignage pour comprendre le deuil périnatal
- Lune

- 10 janv.
- 2 min de lecture
En 2017, lors des funérailles de mon grand-père maternel, peu de temps après le décès de mon fils, j’ai vécu une situation qui illustre profondément la réalité du deuil périnatal. Entourée de ma famille, j’ai été frappée par le silence presque total entourant mon fils décédé. Peu de personnes ont osé en parler ou m’offrir leurs condoléances.
Souvent, ce silence ne vient pas d’un manque de compassion, mais d’un inconfort. Beaucoup ne savent pas quoi dire, de peur de mal faire. Pourtant, cette absence de reconnaissance peut raviver une douleur profonde. Lorsqu’un enfant n’est pas nommé, reconnu ou évoqué, le parent endeuillé peut avoir l’impression que sa perte est invisible ou jugée moins légitime.
Pour un parent, un bébé décédé reste un enfant à part entière. Ne pas en parler peut donner l’impression qu’il n’a jamais existé, ou que le chagrin vécu devrait rester silencieux. Ce sentiment d’isolement, je l’ai ressenti profondément tout au long de la période la plus sombre et la plus lourde de mon deuil, un isolement souvent amplifié par le silence et le malaise de l’entourage.
Ce jour-là, une femme que je ne connaissais pas s’est approchée de moi. Il s’agissait de la mère de mon oncle, donc une personne de la famille élargie que je n’avais jamais rencontrée auparavant. Elle m’a offert ses condoléances et m’a confié avoir elle aussi vécu, de nombreuses années auparavant, la perte d’un bébé mort-né. Ce geste simple, empreint de reconnaissance et de compréhension, a eu un impact immense. Il a démontré à quel point les personnes qui ont vécu un deuil périnatal sont souvent celles qui se sentent le plus à l’aise d’en parler.

Ce témoignage rappelle que le deuil périnatal demeure encore largement tabou. Pourtant, un mot, une reconnaissance, une présence peuvent faire toute la différence. Nommer l’enfant, reconnaître la perte et offrir des condoléances ne ravivent pas la douleur : cela la valide et brise l’isolement.
Parler du deuil périnatal, c’est reconnaître l’existence d’un enfant et le lien indélébile qui unit un parent à son bébé, peu importe la durée de sa vie.
Clin d’œil à Marie-Rose Gervais, une maman qui a reconnu une autre maman.


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